Comment éviter les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques ?

Les perturbateurs endocriniens sont présents dans bon nombre de produits que nous utilisons au quotidien : packagings de l’alimentation, bouteilles en plastique, lingettes pour bébés… et même dans les produits cosmétiques (crèmes, parfums, vernis…) !

Les perturbateurs endocriniens c’est quoi ?

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques qui altèrent le système hormonal, impliqué dans le contrôle de diverses fonctions de l’organisme (le métabolisme, le développement, la croissance, la reproduction…). Bien qu’il n’existe pas de liste officielle, on soupçonne plus de 800 substances d’être des perturbateurs endocriniens. La plus connue est certainement le bisphénol A.

Types

Ces substances peuvent être d‘origine naturelle (hormones) ou issues d’activités humaines. Elles sont présentes dans l’eau, dans l’air et dans de nombreux produits de consommation : industries chimiques, textiles, cosmétiques, détergents, matières plastiques, peintures. 

Le plus connu est le bisphénol-A, présent dans les plastiques de contenants alimentaires ou les tickets de caisse. Depuis 2010, il est interdit dans les biberons, en France. Ces molécules pénètrent dans l’organisme par voie digestive, respiratoire mais aussi par la voie cutanée (produits d’hygiène, colorants capillaires, lingettes…) Elles sont contenues dans des produits naturels comme le houblon, la bière et le soja et surtout dans des produits de synthèse : détergents, médicaments, pesticides, plastifiants, PCB, composés organo-métalliques, etc.

Effets des perturbateurs endocriniens

Le perturbateur endocrinien peut agir de trois manières différentes.

  • Il peut mimer une hormone et ainsi provoquer l’effet de cette hormone.
  • Il peut bloquer l’action hormonale en se fixant sur son récepteur.
  • Il peut perturber la production d’hormones ou de leurs récepteurs.

Risques

Les perturbateurs endocriniens peuvent avoir des effets néfastes sur la santé humaine, la faune et l’environnement. 

Les études scientifiques ont permis de démontrer l’action des perturbateurs endocriniens sur le système reproducteur de l’organisme lui-même ou des descendants avec une détérioration de la qualité du sperme menant à des problèmes de stérilité, des accouchements prématurés ou des nourrissons au poids inférieur à la normale, un retard du développement fœtal, des troubles de la puberté chez les adolescents conduisant souvent à une puberté précoce, une augmentation des cas de malformations génitales des nouveau-nés, des modifications sur le métabolisme avec la survenue d’obésité et de diabète et l’apparition de cancers hormonaux dépendants (cancer du sein, du testicule, de la prostate et de l’ovaire).

Perturbateurs endocriniens et grossesse

Parmi les populations les plus à risque en ce qui concerne l’exposition aux perturbateurs endocriniens : les femmes enceintes. La grossesse, la petite enfance, la puberté sont des périodes de vulnérabilité plus importantes face aux risques liés à ces substances. Il y a lieu d’être d’autant plus attentif à notre environnement immédiat au cours de ces périodes. En effet, les fœtus sont directement exposés aux substances consommées et respirées par la femme enceinte, ou mises au contact de la peau maternelle. Le développement des fœtus étant essentiellement régulé par les hormones, le passage de perturbateurs endocriniens dans le placenta peut en modifier l’action. Résultat : des erreurs de développement conduisant à des malformations ou des pathologies peuvent survenir. Après la naissance, le nourrisson reste vulnérable car son développement n’est pas encore achevé. Le contact avec des perturbateurs endocriniens ou leur absorption par le biais du lait maternel peut donc également altérer la santé du nouveau-né. Il est donc impératif de bannir les perturbateurs endocriniens tout au long de la grossesse.

Liste (non exhaustive) des perturbateurs endocriniens

Dans un communiqué, celui-ci annonce que dès 2020, une liste de perturbateurs endocriniens sera publiée et partagée avec les partenaires européens. Parmi les perturbateurs endocriniens dont on parle le plus :

  • Alkyphénols
  • BHA et BHT
  • Bisphénol A (BPA)
  • Cadmium
  • Ignifuges bromés (PBDE)
  • Mercure
  • Parabènes
  • Phtalates
  • Plomb
  • Téflon et composés perfluorés
  • Triclosan

Facteurs de contamination

Certains perturbateurs endocriniens sont naturels alors que d’autres, présents dans les pesticides, les appareils électroniques, les produits d’hygiène personnelle et les cosmétiques, sont synthétiques. Certains additifs alimentaires ou contaminants présents dans l’alimentation sont également susceptibles de perturber le système endocrinien. En septembre 2019, le premier volet d’une étude baptisée ESTEBAN servant à mesurer la présence des perturbateurs endocriniens dans l’organisme a montré que tous les Français étaient contaminés à différentes échelles. Les niveaux d’imprégnation des enfants étant plus élevés que ceux des adultes.

Aliments

Les aliments peuvent contenir des perturbateurs endocriniens. Première source : les emballages alimentaires, notamment en matière plastique. Parmi eux, les phtalates. Ils peuvent migrer dans les aliments, notamment lors d’un passage au micro-onde. Il s’agit d’une substance classée cancérogène et reprotoxique (toxique pour les organes reproducteurs ou pour la descendance). Ils ont été interdits dans les jouets et les objets de puériculture, les dispositifs médicaux et les cosmétiques.

Cosmétiques

Les déodorants, vernis, lingettes jetables, crèmes à raser, gels douche, shampoings ou encore produits de coloration pour les cheveux contiennent des perturbateurs endocriniens. On compte notamment les phtalates, composés qui modifient l’équilibre des hormones thyroïdiennes, sont toxiques pour le système nerveux et entraînent de problèmes de fertilité. Mais aussi des parabènes et des alkyphénols ou encore du triclosan qui est toxique pour le foie et les voies respiratoires.

Parabens : Utilisés pour éviter le développement de nombreux champignons et bactéries et ainsi permettre à un produit de beauté ou d’hygiène de se conserver plusieurs mois après ouverture, les parabènes ont longtemps envahi les flacons. Il a été interdit dans les produits cosmétiques pour enfants de moins de 3 ans en 2011 par la Commission Européenne. Ce perturbateur endocrinien est suspecté d’avoir un effet proche des œstrogènes, une des hormones féminines, et donc de posséder un rôle dans certains cancers hormono-dépendant comme le cancer du sein. La fameuse inscription « sans parabène » ne signifie pas qu’il n’y a pas d’autres conservateurs toxiques. Il est en effet très souvent remplacé par le phénoxyéthanol, un autre composé au caractère allergène et potentiellement cancérogène.

La ménopause précoce

L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP), ou ménopause précoce, se définit par un arrêt des règles de plus de quatre mois associé à une augmentation des taux d’hormones lutéïnisante (LH) et folliculo-stimulante (FSH) chez une femme de moins de 40 ans. Elle concerne 1 à 2 % des femmes. “Une ménopause précoce peut altérer la qualité de vie d’une femme et a de profondes implications en termes de fertilité, de santé et de société“, estime Amber Cooper, qui a conduit l’étude. 

En effet, l’IOP entraîne une carence en oestrogènes qui favorise les problèmes urinaires (incontinence, infections…) et une perte osseuse plus rapide augmentant le risque de fractures et d’ostéoporose. En l’absence de traitement, deux patientes sur trois ont une ostéodensitométrie pathologique 18 mois après le diagnostic. Les risques cardiovasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral, athérosclérose…) sont aussi augmentés. Sans parler de l’impact psychologique et émotionnel du diagnostic, en particulier chez les femmes jeunes et sans enfant.

Les chercheurs de l’Université de médecine de Washington à Saint-Louis ont voulu examiner l’impact sur la ménopause de l’exposition à des perturbateurs endocriniens. Ils ont pour cela mesuré le taux de 111 produits chimiques soupçonnés de perturber les fonctions endocriniennes de l’organisme, en opérant des prélèvements dans le sang et les urines de 31 575 personnes, dont 1 442 femmes ménopausées. Elles étaient âgées en moyenne de 61 ans, ne suivaient aucun traitement de substitution hormonale et n’avaient pas subi d’ablation des ovaires.

Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ? 

  • Limitez les emballages plastiques en préférant les matières pérennes, telle que le verre, plutôt que jetables. Si vous êtes adeptes des plats préparés, pensez à les retirer du plat en plastique avant de les faire chauffer. 
  • Consommer du poisson, c’est bien, mais pas plus de deux fois par semaine. Par ailleurs, diversifiez les espèces consommées et les zones de provenance. 
  • Evitez d’utiliser trop de produits cosmétiques sur des bébés et enfants de moins de 3 ans. Plutôt que les lingettes, privilégiez le liniment ou simplement de l’eau savonneuse pour le change. 
  • L’air de nos logements est souvent plus pollué que l’air extérieur, car nos intérieurs concentrent de multiples sources de produits chimiques. Ainsi, les produits ménagers, les meubles et les tissus des canapés, ou encore certaines peintures, sont chargés en perturbateurs endocriniens. Choisissez des produits d’entretien et des peintures naturels, certifiés biologiques (Ecolabel européen). Pour la déco, préférez les meubles en bois massif. 
  • Lavez vos vêtements neufs avant de les porter.
  • Aérez au moins 20 minutes par jour votre logement pour renouveler l’air intérieur.
  • Pour les femmes enceintes, bébés et enfants, Santé Publique France a lancé le 3 septembre 2019 le site internet Agir pour bébé donnant des conseils pratiques pour limiter leur exposition aux produits chimiques dont les perturbateurs endocriniens. 

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